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Michèle Pelletier

J’ai commencé à m’intéresser à l’aquarelle en 1980 lors de ma première année d’enseignement en Alberta. Une artiste qui animait un atelier en arts auquel j’assistais était devenue une copine et elle m’avait offert sa boîte d’aquarelle de voyage au moment de mon départ d’Edmonton.

Puis, ce fut seulement quelques années plus tard, au pays des bayous, des contrastes et de la luminosité quasi irréelle de la Louisiane, que je suivais mon premier cours d’aquarelle. Mon professeur, un artiste passionné, m’a vraiment donné le goût de vibrer avec ce médium. Cependant, la somme de mon travail et ma passion pour l’enseignement du français langue seconde eurent raison de cet art. J’ai à peine peint pendant les dix années suivantes.

Durant tout ce temps, mon conjoint, fou de la photographie, immortalisait tous les sujets qui me faisaient vibrer dans le but ultime de les animer un jour en aquarelle. Dès que mes deux garçons adorés eurent acquis de l’autonomie, je commençai enfin à m’adonner à une autre passion si longuement désirée, l’aquarelle.

C’est alors que je faisais mes premiers pas au Québec avec la généreuse Marie-Claude Langevin. Puis, Diane Boilard, une artiste hors pair, n’a cessé de m’inciter à me dépasser sur un éventail de papiers, de techniques et de sujets des plus inusités. Ensuite, Norbert Lemire m’a appris l’importance de la lumière par le jeu des valeurs et le plaisir d’appliquer des couleurs qui font chanter l’œuvre. Roland Palmaerts quant à lui, m’a émerveillée par sa spontanéité et sa technique du pinceau chargé de plusieurs couleurs. Ce sont de vrais gourous et magiciens aquarellistes qui m’ont aidée à grandir.

Ce n’est pas une blague, voir des aquarellistes à l’œuvre me donne littéralement l’eau à la bouche. Je me sens comme une rivière fougueuse et sauvage quand je vis l’aquarelle. Grâce à elle aussi, j’ai pu garder équilibre et positivisme dans mon quotidien en enseignement au primaire, qui fut si exaltant mais combien exigeant et parfois même chaotique.

Je ne vois plus les choses qui m’entourent de la même manière depuis que je peins. Tout est si relevé, si vert de vessie, si bleu céruléen, si alizarine cramoisie, si…

Puis, j’ai réalisé un rêve. J’ai enfin un endroit tout en lumière pour peindre à temps plein depuis que je suis retraitée et pour laisser en jachère, mes pinceaux et mes œuvres. Ce lieu de créativité me permet de « triper » à ma convenance et de grandir car plus j’avance, plus j’ai l’aquarelle dans la peau, oui, cette dépendance qui fait mal aux tripes quand tu es en manque de peindre.

Aussi, je continue de croire que le fait de développer un art rend les gens plus ouverts, plus pacifiques. À chacun son pinceau, désarmé et amoureux de cette terre malmenée mais si extraordinairement belle et surprenante! Touchons l’enfant qui se trouve au cœur de notre créativité! Continuons de mettre de la couleur en transparence sur des endroits si sombres!

L’aquarelle me rend à fleur de peau face à la beauté du monde.

Michèle Pelletier

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